Dojo & étiquette
LE DOJO
Le Dojo est le lieu où l’on étudie et cherche la Voie (Do). Historiquement, le Dojo était la salle des temples religieux consacrée à la méditation. Ces salles ont par la suite été utilisées pour l’enseignement des arts martiaux. Il obéit à des règles concernant son orientation et est considéré comme un lieu sacré.
Le Kamiza, mur d’honneur, littéralement « côté élevé », est situé traditionnellement au Nord. (Kami peut aussi vouloir dire « divinités » mais il ne s’agit pas du même kanji ici.) Le Kamiza dispose d’un autel (ou alcôve), le Tokonoma, où l’on peut déposer des éléments décoratifs. A l’origine, cette alcôve représentait la grotte céleste dans laquelle s’était réfugiée Amaterasu, la déesse du soleil. L’Empereur y conservait les “Trois Joyaux” du Japon : un miroir de bronze poli, une épée droite et un joyau écarlate. Il est traditionnel d’y déposer un bouquet arrangé selon la tradition de l’Ikebana (art traditionnel japonais de composition florale). Aujourd’hui, le Kamiza est souvent simplement décoré d’un portrait représentant le fondateur de la discipline enseignée.
Le côté situé à l’opposé du Kamiza, au Sud, est le Shimoza, littéralement le « côté bas », où sont assis les élèves qui font face au Sensei. Le côté Est de la salle est appelé Jôseki, « côté supérieur » et le côté Ouest Shimoseki, « côté inférieur ». Traditionnellement, les élèves sont alignés des plus gradés (Sempai) aux moins gradés (Kohai) d’Est en Ouest.
Aujourd’hui, au Japon comme en France, ce sont avant tout des considérations pratiques qui règlent l’orientation du dojo, dont la configuration du bâtiment.
L’ETIQUETTE AU DOJO
Le côté traditionnel du cérémonial conservé lors des entraînements répond à plusieurs motivations : conserver l’esprit donné par le fondateur et donner un cadre commun lors de rencontres avec des pratiquants étrangers.
Traditionnellement, chacun a sa place, son rôle dans la hiérarchie. Les plus anciens sont là pour montrer l’exemple : la tenue, les gestes, l’attitude, etc. Il leur appartiendra peut-être de guider les nouveaux venus et de veiller à l’organisation du nettoyage du tatami (la propreté est la première politesse envers les autres utilisateurs de la salle).
1 – La ponctualité : si vous le pouvez, essayez d’arriver en avance. D’abord, pour vous préparer mentalement à votre séance mais aussi pour commencer à vous échauffer, même si le professeur fait un échauffement au début du cours. En cas de retard, l’élève doit se positionner au bord du tatami et, lorsque le professeur lui fait signe, il doit faire les différents saluts du début de cours avant de pouvoir pratiquer.
2 – Saluer le Dojo en entrant : c’est déjà signifier le respect des lieux. Le salut se fait debout en s’inclinant en direction du mur d’honneur, les jambes tendues et le dos droit.
3 – Saluer le mur d’honneur en début et fin d’entrainement : cela se fait à genoux (Seiza) pour le Taijutsu et éventuellement debout lorsque l’on tient un Ken ou un Jo. A genoux, il faut poser les deux mains au sol en même temps comme cela se faisait à Iwama. Le buste doit être incliné en gardant le dos droit sans regarder devant soi. Après un premier salut face aux élèves, le professeur se tourne vers le mur d’honneur, que l’on salue tous ensemble après le Mokuso (voir point N°4). L’enseignant se retourne ensuite vers les élèves, puis l’on salue une nouvelle fois en disant « onegai shimasu » pour le salut du début et « arigato gozaimasu » pour celui de fin. (Note : A genoux, frapper dans les mains pendant le salut correspond à un rite Shinto qui ne se fait que devant un hôtel Shinto.)
4 – Mokuso : lors des saluts de début et de fin de séance, nous pratiquons le Mokuso, un entraînement mental. Il s’agit d’atteindre un état d’esprit dans lequel les problèmes quotidiens, les tensions du travail ou les problèmes personnels restent hors du tatami afin de se concentrer sur la séance à venir. Idéalement, nous nous concentrons sur la posture et la respiration pour que l’esprit se recentre.
Au signal, le dos droit en position Seiza, joindre les mains : le dos de la main gauche doit reposer sur la paume de la main droite et les deux pouces doivent entrer en contact sur la pointe, formant une sorte d’œil ou de cavité face au Hara (voir Glossaire). Les yeux sont mi-clos, le regard porte à environ 1,50 m devant soi. La respiration doit partir de l’abdomen et travailler sur le diaphragme. L’inspiration se fait avec le nez en gardant la bouche fermée. Elle doit être lente, relativement longue et profonde mais pas forcée. L’expiration doit être effectuée avec la bouche légèrement ouverte.
5 – Saluer son ou ses partenaires : pendant le salut adressé à un partenaire, assis ou debout, le regard reste orienté vers lui tout en gardant la nuque droite dans l’alignement du dos. Après le salut de fin de séance, on salue le ou les derniers partenaires avec qui on a travaillé.
6 – Quitter le Tatami : cela ne se fait pas pendant le cours mais, en cas de nécessité, l’élève doit en aviser le professeur.